Femmes solidaires
Appel à manifester le 13 mai 2003 pour la sauvegarde des retraites
Femmes solidaires dénonce le projet de
réforme des retraites proposé par le Gouvernement. L’augmentation de la durée
des cotisations et l’allongement de la durée du travail ne ferait que renforcer
les inégalités professionnelles auxquelles les femmes sont confrontées et qui
se retrouvent amplifiées au moment de la retraite.
En moyenne, les femmes prennent leur
retraite deux ans après les hommes parce qu’elles n’ont pas le nombre de
trimestres cotisés suffisant ou parce que le montant de leur retraite est trop
faible. La majorité des femmes touchent une retraite inférieure ou égale au
SMIC. Selon une étude du Ministère des Affaires sociales réalisée en 2001, la
retraite des femmes est inférieure de 42 % à celle des hommes (848 euros contre
1461 euros).
Parce qu’il concerne une majorité de
femmes, le temps partiel qui a triplé en 20 ans, constitue une régression
sociale rapide et masquée pour l’autonomie des femmes et leurs retraites.
Sous couvert d’une réforme nécessaire
pour le maintien du système de retraite actuelle, le Gouvernement remet en
cause tous les acquis et les progrès sociaux, et la solidarité entre les
générations.
Il vise dans un premier temps à mettre fin au droit à la retraite
à 60 ans à taux plein. Il vise ensuite à instaurer une retraite par
capitalisation avec les fonds de pension, qui laisseront une grande partie de
la population sans les moyens de vivre décemment.
En 2002, les exonérations de charges
fiscales et de cotisations dont ont bénéficié les fonds d’épargne salariale
représentent à elles seules la moitié du déficit de la sécurité sociale ( 4,5
milliards d’euros).
Nous refusons cette logique de
privatisation et d’individualisation des retraites, qui renforce les inégalités
entre les riches et les pauvres.
Pour assurer le financement des
retraites, il faut favoriser le travail des femmes avec des emplois stables et
des salaires corrects, combattre le chômage et la précarité et mettre en œuvre
une véritable politique d’égalité professionnelle entre les hommes et les
femmes.
Femmes solidaires, salariées du public
et du privé, retraitées, chômeuses, étudiantes, ou employées à temps partiel,
nous appelons les femmes à participer aux mobilisations pour contrecarrer les
projets du gouvernement.
- le maintien du système par
répartition
- l’augmentation du minimum vieillesse
et des pensions de réversion
- la mise en oeuvre d’une véritable
politique de l’emploi et d’égalité
professionnelle pour mettre fin aux inégalités, aux discriminations et à la
précarité
- l’augmentation des bas salaires qui sont majoritairement féminins
- la revalorisation des professions largement
féminisées
- la mise en place d’un véritable
service public pour l’accueil de la petite enfance, avec le développement de
crèches.
- la suppression des exonérations de
charges patronales sur les bas salaires et
le temps partiel
- la taxation des revenus spéculatifs
pour participer au financement des retraites
L’ écart important des retraites entre
les femmes et les hommes s’explique par les nombreuses discriminations pour les
femmes au travail, qui continuent d’assumer la majeure partie des tâches
familiales auprès des enfants mais aussi des parents âgés.
Ecarts
de salaire. Aujourd’hui, les femmes touchent en moyenne 25 % de moins
que les hommes. Dans le privé comme dans le public, elles sont majoritaires au
bas de l’échelle des salaires et accèdent moins aux responsabilités.
Garde
d’enfants. Il est de plus en plus difficile de bénéficier de modes de
gardes Ces difficultés incitent les femmes à interrompre leur carrière pour
s’occuper de leurs enfants.
Précarisation et flexibilité du travail. Les
femmes sont plus souvent et plus longtemps au chômage. Elles constituent la
majorité des salariés employés en CDD, à contrat précaire ou aidés (CES…) Les
femmes qui travaillent pour des salaires inférieurs au SMIC constituent
aujourd’hui une catégorie de salariés pauvres plus importante en nombre que les
chômeurs.
Temps
partiel imposé. En France, 1 femme
sur 3 (1 homme sur 20) travaille à temps partiel, avec un salaire partiel, pour
une retraite partielle jusqu’à un âge avancé.
Dans la plupart des pays de l’Union européenne, ce sont les femmes âgées
de plus de 50 ans qui connaissent les plus forts taux de travail à temps
partiel (37,6% de 50 à 64 ans, 63,8% pour les plus de 65 ans!)