AS 4 41 1331 |
NOR : MESF0130179C
(Texte non paru au Journal officiel)
Références :
Circulaire de la secrétaire d'Etat chargée des
droits des femmes n° 004 du 12 octobre 1989 relative à la mise en
place des commissions départementales « Femmes victimes de violence »
;
Circulaire interministérielle (MES/SEDF) n° 99-0014 du
8 mars 1999 relative à la lutte contre les violences à l'encontre des
femmes au sein du couple.
La secrétaire d'Etat aux droits des femmes et à la formation
professionnelle à Madame et Messieurs les préfets de région ; Mesdames et
Messieurs les préfets de département Les Assises nationales contre les violences
envers les femmes qui se sont tenues le 25 janvier 2001 à Paris ont
permis de renforcer la collaboration entre l'ensemble des acteurs concernés
(institutionnels, associatifs, experts, professionnels et élus) et de proposer
un plan d'action gouvernemental pour lutter contre ces violences dans un cadre
d'intervention commun.
Ce plan d'action triennal repose sur quatre axes :
1. Renforcer les réseaux
C'est dans ce cadre que je vous demande de veiller au renforcement
du dispositif que vous animez au niveau local (cf. annexe I).
Pivot
d'un partenariat entre les acteurs institutionnels et associatifs, les
commissions départementales d'action contre les violences faites aux femmes
représentent un lieu politique et stratégique essentiel.
Il importe en effet
que la lutte contre les violences envers les femmes soit traitée dans le cadre
d'une structure de concertation distincte, eu égard à la spécificité du sujet,
sans méconnaître toutefois l'intérêt d'aborder cette question dans d'autres
instances chargées notamment de la prévention de la délinquance, de la lutte
contre l'exclusion ou du logement et de l'aide aux victimes.
J'insiste sur la
dimension interministérielle qui donne toute sa légitimité à ces commissions
réunissant, sous la présidence du préfet de département, l'ensemble des acteurs
institutionnels et associatifs ainsi que les professionnels appelés à intervenir
dans ce domaine.
Il ressort du bilan d'activités de ces structures établi à
la fin de l'année 2000 que toutes n'ont pas été créées et que certaines
fonctionnent de façon irrégulière. (58 départements ont déclaré être dotés
de ces commissions, dont 14 ont été constituées au cours de l'année 2000.) Le
réseau des commissions départementales d'action contre les violences faites aux
femmes est donc actuellement très hétérogène, parfois déficient, alors même que
ces structures sont un instrument indispensable de dialogue et d'action.
En
effet, l'enjeu consiste non seulement à mobiliser, au-delà du seul réseau
déconcentré des droits des femmes et de l'égalité, l'ensemble des structures de
l'Etat et à les coordonner afin de mettre en place des politiques globales et
cohérentes, mais aussi à dégager des moyens à la hauteur des besoins.
Sous
l'autorité du préfet du département, qui assure la synergie des interventions,
chaque partenaire doit assumer les responsabilités, y compris financières, qui
lui incombent.
D'ores et déjà, des commissions ont développé une grande
diversité d'actions : sessions d'information et de sensibilisation, formation,
création et renforcement de lieux d'écoute, d'accompagnement et d'hébergement,
élaboration de protocoles fixant les responsabilités des partenaires, actions
concrètes développées avec la police, la gendarmerie et la justice dans
l'accueil des victimes et le traitement des situations de violences
Afin de
répondre aux besoins des femmes en tous points du territoire, je vous demande de
prendre les dispositions nécessaires pour que, selon la situation dans votre
département :
- la commission soit mise en place, dans les meilleurs délais,
en application des circulaires précitées ;
- son fonctionnement soit réactivé
si, étant constituée, la commission n'a qu'une existence formelle ;
- la
mobilisation déjà concrétisée au sein de la commission s'enrichisse de nouveaux
partenariats.
Je souligne l'importance d'inclure l'ensemble du champ des
violences dans le cadre de l'activité des commissions : violences conjugales,
viols et autres agressions sexuelles, harcèlement sexuel, mutilations
sexuelles.
Depuis deux ans, la prostitution et la traite des êtres humains à
des fins sexuelles sont des thèmes qui ont émergé avec force sur la scène tant
nationale qu'internationale. Aussi, je souhaite que, dans les départements
particulièrement concernés, cette question soit traitée au sein de ces
commissions.
Un arrêté-type relatif à la composition de la commission
départementale d'action contre les violences faites aux femmes est pris en
application de cette circulaire et figure en annexe II.
2. Rendre visible le phénomène
Le plan d'action triennal du Gouvernement, rendu public au cours
des assises nationales, contient des mesures destinées à soutenir l'activité des
commissions départementales.
Un visuel et un slogan « En cas de violence,
brisez le silence » ont été retenus à l'occasion de ces assises. Ils figurent
sur l'ensemble des documents d'information concernant la lutte contre les
violences envers les femmes qui ont été diffusés lors des assises.
Ces
documents (brochures, dépliants, affiches, cartes), relatifs aux violences
conjugales et au viol, sont destinés soit aux professionnels et institutionnels
concernés (intervenants sociaux, police, gendarmerie, professionnels de santé),
soit aux femmes victimes de violences, soit au grand public.
Il vous
appartient de veiller à leur large diffusion dans le cadre d'un plan concerté
avec l'ensemble de vos partenaires locaux.
Par ailleurs, des assises
nationales devant se tenir tous les trois ans, il importe qu'entre deux
manifestations nationales la mobilisation soit maintenue au niveau local par
l'organisation d'assises régionales ou interrégionales sur les violences sous la
présidence des préfets de région pendant la durée du plan d'action. Elles
permettront de renforcer le partenariat local en le valorisant et en tirant un
bilan des actions locales menées en matière de traitement des violences à
l'encontre des femmes.
3. Prévenir et accompagner
La prévention des violences et l'accompagnement des femmes
victimes de violences exigent que des partenariats soient noués au niveau local.
C'est dans le cadre de la commission que ces sujets seront traités de façon
concertée, notamment avec le réseau associatif, l'éducation nationale, la
justice, la police, la gendarmerie, l'équipement, le logement, les collectivités
locales, les organismes sociaux, les intervenants sanitaires et sociaux, les
instances ordinales.
L'accompagnement des femmes victimes de violences
nécessite également qu'un effort tout particulier soit accompli s'agissant des
lieux d'écoute et d'accueil tant pour l'aménagement des locaux que pour la
qualité des prestations offertes.
Depuis 1997, ces lieux ont bénéficié d'un
accroissement significatif des crédits alloués à la fois pour renforcer les
actions des associations nationales, et notamment celles en charge des
permanences téléphoniques, et pour développer sur tout le territoire des lieux
d'accueil locaux.
Les crédits du service des droits des femmes et de
l'égalité professionnelle, tant nationaux que déconcentrés, ont été portés de
10,36 MF en 1997 à 14,89 MF pour 2001, soit une augmentation de plus
de 43 %. Ce soutien de l'Etat aux acteurs associatifs doit être maintenu car il
incombe aux pouvoirs publics d'accompagner les actions de la société civile et
de les doter d'outils et de moyens supplémentaires.
4. Favoriser le retour à l'emploi
par des partenariats
locaux
Il importe de traiter la situation des femmes victimes de
violences dans sa globalité. Au-delà de l'accueil, de l'accompagnement et de
l'hébergement, des solutions doivent être proposées en vue de l'accès de ces
femmes à une formation et/ou un emploi.
Des expérimentations vont être
menées, dans le cadre de protocoles signés entre l'Etat et des collectivités
locales, afin d'identifier les difficultés spécifiques auxquelles se heurtent
ces femmes en matière de (ré)insertion professionnelle ainsi que les mesures
destinées à faciliter leur information et leurs démarches.
*
* *
La violence envers les femmes, par son ampleur et ses conséquences
sur les personnes, réclame une action visible, pérenne et concertée de
l'Etat.
Au niveau national, une commission, composée de représentants des
administrations centrales, des associations spécialisées et de personnalités
qualifiées, est chargée d'assurer la concertation entre les services de l'Etat
et les organismes et associations concernés en matière de prévention, de prise
en charge et de suivi des femmes victimes de violences, de la prostitution et de
la traite. Elle assure également l'animation du réseau des commissions
départementales d'action contre les violences faites aux femmes.
L'évaluation
du fonctionnement de ces commissions figurera au sein du rapport général remis
tous les trois ans au Premier ministre.
Au niveau local, afin d'assurer la
continuité et la cohérence des actions engagées, vous voudrez bien concrétiser,
par la signature d'une convention départementale, les objectifs et les modalités
de la coopération mise en oeuvre entre les différents membres de la commission
départementale d'action contre les violences faites aux femmes, conformément aux
préconisations de la circulaire sus-référencée du 8 mars 1999.
Une
enquête vous sera adressée annuellement sur l'activité des commissions et sur
les subventions versées dans le domaine des violences. Il vous reviendra de la
compléter par un bilan de l'application de cette circulaire dans votre
département.
La secrétaire d'Etat aux droits des femmes
et à la
formation professionnelle,
Nicole Péry
ANNEXE I
LES COMMISSIONS DÉPARTEMENTALES :
PIVOT ESSENTIEL
DU PARTENARIAT LOCAL
Ces commissions, créées par une circulaire ministérielle du
secrétariat d'Etat aux droits des femmes du 12 octobre 1989
réunissent, sous la présidence du préfet, les partenaires institutionnels et
associatifs concernés afin d'élaborer des actions coordonnées. Leur rôle a été
renforcé par la circulaire interministérielle du
8 mars 1999.
Concernant la constitution, le fonctionnement et les
missions des commissions, je tiens à vous rappeler les points suivants :
Composition
La commission départementale d'action contre les violences faites
aux femmes est mise en place par arrêté préfectoral (cf. arrêté-type en
annexe II).
Elle est composée obligatoirement de représentants de l'Etat
dans le département (emploi et solidarité, dont les droits des femmes et de
l'égalité, justice, intérieur, défense, logement, éducation nationale, affaires
étrangères, départements et territoires d'outre-mer) ainsi que de représentants
des collectivités locales, des organismes, de sécurité sociale notamment, des
associations spécialisées (lieux d'accueil et d'écoute, centres d'hébergement,
centres d'information sur les droits des femmes (CIDF), bureaux d'aide aux
victimes) et de personnes qualifiées (experts, avocats, représentants
d'instances ordinales, d'établissements de santé et de professions de santé).
Elle peut être élargie en tant que de besoin.
Fonctionnement
Sous l'autorité du préfet du département, l'animation de la
commission départementale est assurée par les délégué(e)s régionaux(ales) et les
chargé(e)s de mission départementaux(tales) aux droits des femmes et à
l'égalité.
La commission plénière se réunit au minimum une fois par an. Elle
arrête les priorités et le mandat des groupes de travail.
Missions
La mission de cette instance couvre notamment les domaines
suivants :
- l'échange d'informations entre les partenaires publics et privés
;
- le développement des lieux d'accueil, d'écoute et d'hébergement des
femmes victimes de violences ;
- la mise en oeuvre d'actions dans les
domaines de l'information du public, la formation des professionnels, de
l'accueil et du suivi des dossiers des victimes ;
- l'amélioration du recueil
statistique et l'évaluation des besoins.
ANNEXE II
ARRÊTÉ TYPE RELATIF A LA COMPOSITION DE LA COMMISSION
DÉPARTEMENTALE D'ACTION CONTRE LES VIOLENCES FAITES AUX FEMMES
Le préfet de
département,
Vu l'arrêté du 2001 portant création d'une Commission nationale
contre les violences envers les femmes ;
Vu la circulaire de la secrétaire
d'Etat chargée des droits des femmes n° 004 du 12 octobre 1989
relative à la mise en place des commissions départementales - femmes victimes de
violence ;
Vu la circulaire MES/SEDF n° 99-0014 du 8 mars 1999
relative à la lutte contre les violences à l'encontre des femmes au sein du
couple ;
Vu la circulaire SEDFE n° 2001-210 du 9 mai 2001
relative à la mise en place au niveau local du plan d'action triennal contre les
violences envers les femmes ;
Sur proposition du préfet,
Arrête :
Article 1er
La commission départementale d'action contre les violences faites aux femmes comprend, sous la présidence du préfet du département ou de son représentant, les membres suivants :
b) Au titre des collectivités locales :
c) Au titre des organismes de sécurité sociale du département :
d) Au titre des autres organismes du département :
e) Au titre des associations du département :
Le choix est à
opérer au niveau local : lieux d'accueil et d'écoute, centres d'hébergement,
centres d'information sur les droits des femmes (CIDF), bureaux d'aide aux
victimes...
La commission peut être élargie en tant que de besoin à toute administration, association ou personnalité qualifiée susceptible de lui apporter son concours au regard de ses compétences.
Article 2
Le secrétariat de la commission départementale d'action contre les violences faites aux femmes est assuré par la chargée de mission départementale aux droits des femmes et à l'égalité ou la déléguée régionale pour le département chef-lieu de région.
Article 3
La commission se réunit en séance plénière au moins une fois par
an à l'initiative du préfet.
Elle constitue en son sein des groupes de
travail placés sous la responsabilité de l'administration directement concernée
par le thème retenu.
En outre, elle collabore avec les autres structures
départementales intervenant dans son champ de compétence, et notamment avec le
comité départemental de prévention de la délinquance.
Article 4
Le préfet du est chargé de l'exécution du présent arrêté qui sera
publié au bulletin d'informations administratives des services de
l'Etat.
Fait à Paris,
le 9 mai 2001.