08/12/2003
COMMUNIQUÉ DE PRESSE
DE L’ASSOCIATION FRANCAISE POUR L’ETUDE DE LA MENOPAUSE
(AFEM)
À PROPOS DES NOUVELLES RECOMMANDATIONS DE L’AFSSAPS SUR LE THS
Le
Conseil d’Administration de l’AFEM, après avoir pris connaissance de
l’actualisation des recommandations de l’AFSSAPS du 3/12/2003 concernant le
traitement hormonal substitutif de la ménopause (THS) :
n Approuve les recommandations
suivantes :
·
le
THS peut être prescrit à la dose minimale efficace en cas de troubles
climatériques gênants, à des femmes informées et qui le souhaitent ;
·
le
THS n’est pas recommandé chez les femmes ne présentant pas de symptômes
climatériques ;
·
les
femmes sous traitement depuis plusieurs années doivent revoir leur médecin pour
réévaluer l’intérêt de poursuivre, de modifier ou de suspendre celui-ci.
n
Souhaite apporter les
précisions suivantes :
·
le
THS peut être poursuivi tant que durent les symptômes de carence estrogénique,
sans limitation arbitraire de durée ;
·
le
THS peut être périodiquement suspendu afin de vérifier la persistance ou non de
ces symptômes ;
·
l’arrêt
d’un THS ne devra en aucun cas s’accompagner d’un relâchement des examens
habituels de dépistage, celui du cancer du sein notamment, systématique au delà
de 40 ans.
n
Regrette de voir placer l’étude
anglaise Million Women Study sur le même plan que l’étude américaine WHI :
·
Contrairement
à celle-ci, il s’agit d’une étude d’observation comportant un certain nombre de
biais et d’erreurs qui ne permettent en aucun cas de lui accorder le même
crédit ; d’autre part, cette étude n’a pas concerné la prévention de
l’ostéoporose post-ménopausique.
n
Emet les plus grandes
réserves et regrette la recommandation de l’AFSSAPS déconseillant l’emploi du
THS en première intention chez les femmes ayant un risque fracturaire élevé
pour les raisons suivantes :
·
La
définition de ce que l’on appelle un « risque fracturaire élevé »
reste floue et les moyens de son évaluation sont encore discutés ;
·
parmi
ceux-ci, la mesure de la densité minérale osseuse qui reste incontournable
n’est toujours pas prise en charge par l’Assurance Maladie ;
·
tandis
que le THS a fait ses preuves dans la prévention de l’ostéoporose et l’épargne
fracturaire post-ménopausiques (l’étude WHI a montré une réduction des
fractures sur tous les sites), les autres traitements ayant l’AMM pour la
prévention de l’ostéoporose, plus onéreux que le THS, ne sont pas pris en
charge par l’assurance maladie dans cette indication ;
·
ces
autres traitements n’ont pas été évalués chez les femmes récemment ménopausées
et on manque d’information sur leur utilisation au delà de 5 années (cf
communiqué de l’AFSSAPS du 30/01/2003).
Le THS constitue le moyen le plus simple, le plus efficace
et le moins coûteux de prévenir l’ostéoporose chez la femme ménopausée à risque
osseux, en particulier dans les années qui suivent la ménopause. Priver les
femmes de cette possibilité de prévention représente un risque potentiel majeur
pour la santé des femmes de notre pays.